Si le projet d'avion de chasse commun franco-allemand a été abandonné, les avancées concernant d'autres piliers du programme pourraient être exploitées sous d'autres formes. Est notamment concernée la révolution technologique des "remote carriers".
MBDA était maitre d'oeuvre du "pilier 3" du programme Scaf ( AFP / DANIEL KARMANN )
Les travaux menés depuis près d'une décennie dans le cadre du colossal projet Scaf vont-ils partir aux oubliettes ? Non, à en croire le président de MBDA France, qui a évoqué l'héritage des grandes manoeuvres entreprises par son groupe dans le cadre d'un des piliers du programme de "Système de combat aérien du futur".
Le missilier européen avait ainsi signé un partenariat avec Airbus pour les travaux de recherche et technologie (R&T) sur la partie du Scaf consacrée aux "remote carriers". MBDA, détenu par l'avionneur européen Airbus, le britannique BAE Systems et l'italien Leonardo était maître d'oeuvre de ce "pilier 3", visant au développement des drones accompagnateurs du futur avion de combat. Engins hybrides volants, ces "Remote carriers" (ou effecteurs déportés) incluent plusieurs familles de matériels, oscillant entre drones, missiles et intercepteurs.
"On a démontré la pertinence de ces concepts"
Développé en partenariat avec Airbus et l'espagnol Indra, ce pilier "était considéré comme un succès" , a ainsi déclaré Stéphane Reb, président MBDA France au cours d'une conférence de presse jeudi 11 juin. Malgré le coup d'arrêt provoqué par l'annonce de l'abandon du projet de "chasseur du futur" commun, le dirigeant entrevoit la suite. "On a démontré la pertinence de ces concepts. Il y a aura des suites. Ce ne sont pas des choses qu'on va remettre à la poubelle", a-t-il assuré.
Le responsable a toutefois regretté que l'abandon cette semaine de l'avion de combat européen, pilier central du Scaf, crée "un trou d'air" et entraîne "une perte de dynamique" pour une équipe d'une centaine de personnes engagées dans ces travaux chez MBDA. "S'il ne se passe rien pendant six mois-un an, ils seront affectés" à d'autres projets, a-t-il dit.
A la tribune du Sénat, la ministre française des Armées a pour sa part fait valoir le "capital technique majeur" généré par les investissements consentis dans le Scaf. Catherine Vautrin a ainsi affirmé que "la quasi-totalité" des 2,5 milliards d'euros engagés jusqu'à présent pour développer le Scaf "vont permettre à la France de continuer à travailler sur un avion de chasse à l'horizon 2040" ;
MBDA est un des signataires d'une alliance de huit entreprises volontaires menée par Airbus qui doit être officialisée jeudi à Berlin pour développer un avion de combat de sixième génération, alternatif au Scaf.
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